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The Ghost of Frankenstein
 

The Ghost of Frankenstein est un film américain de genre épouvante-fantastique réalisé par Erle C.Kenton (modeste artisan prolifique, spécialiste des séries B horrifiques) en 1942.Le scénario écrit par Scott Darling, manque sérieusement de consistance (pour se débarasser à jamais de la maudite créature créée par le docteur Frankenstein et réanimée par son descendant direct en la personne de Wolf, les villageois décident de brûler entièrement le château familial.Mais Ygor s'est déjà immiscé dans les soubassements pour délivrer son ami du soufre qui le recouvre complétement.Ils parviennent bientôt tout deux dans un village à proximité où réside le deuxième fils de Frankenstein, Ludwig, auquel Ygor soumet une proposition malhonnête: le médecin devra redonner de la vivacité à la créature en échange de son silence sur les origines du monstre...) et est peu original (en effet, ce film reprend les schémas narratifs des précédents volets de la saga sans apporter de nouveaux enjeux scénaristiques), pour le moins prévisible (il est très facile de deviner le dévellopement de l'intrigue car le scénario accumule tous les poncifs du genre en reprennant certains passages obligés comme l'incendie du château, la poursuite entre les villageois et le monstre), riche en péripéties, linéaire (construction narrative limpide, même si on peut noter qu'un court flash-back explicatif sur la création du monstre, tiré du premier volet, est incorporé) et prenant de manière aléatoire (aprés vingt minutes, on décroche peu à peu à cause de l'intrigue bancale, pauvre en idées nouvelles).La mise en scène de Erle C.Kenton, d'un niveau correcte, est dynamique (multiples séquences d'actions de facture honorable, sans être véritablement marquantes), classique, teintée d'onirisme, parfois plate (parésseuse durant les scènes de dialogues), elle pêche par son manque d'inventivité.Le rythme est assez soutenu, vif (les temps morts sont rares, ce qui est dû au temps réduit de ce long-métrage qui dure à peine plus d'une heure).Les personnages manquent d'épaisseur psychologique (à part relativement le docteur Frankenstein en prise à des choix moraux) et sont stéréotypés, ils sont tous schématisés à l'extrême, notamment la créature qui se réduit ici à un croquemitaine indestructible, contrairement aux précédents volets où il avait un minimun de substance.Interprétation passable, terne, désincarnée de Lon Chaney Jr (l'acteur ne posséde pas à l'évidence le charisme de Boris Karloff) qui joue le monstre de Frankenstein, protagoniste principal devenu moins attachant.Prestation médiocre de Bela Lugosi (l'acteur hongrois avait déjà perdu de sa superbe, jouant dans des séries B voires Z de plus en plus mauvaises), au jeu théâtral, expressif, cabotinant presque systématiquement en n'en rajoutant dans les mimiques, la gestuelle.Les acteurs secondaires s'en sortent moyennement à cause de compositions trop effacés (Ralph Bellamy, Cedric Hardwicke, Lionel Atwill).Les dialogues plutôt mal écrits sont le plus souvent insipides, banals, quelconques.Travail honnête, sobre au niveau du cadrage avec de rares (caméra la plupart du temps statique) courts mouvements de caméras fluides (travelling latéraux, avant).L'oeuvre possède aussi une belle photographie soignée (noir et blanc contrasté), signée par Elwood Bredell (directeur de la photographie qui a collaboré avec Siodmak, Curtiz), des effets spéciaux inégaux (si certains sont très datés comme quand la foudre tombe, d'autres sont biens faits tels l'explosion et l'incendie du château), un montage serré (dominance de plans courts), des décors de qualité variable (une partie font fauchés, artificiels, tandis que l'autre, plus intéressante, est sous l'influence du gothique comme les précédents films de la saga), des éclairages élaborés (clair-obscur abouti durant les scènes nocturnes), une musique surchargée, outrée, qui surligne avec lourdeur les sentiments des protagonistes, une atmosphère douce-amère et une fin ouverte, facile (conventions du genre), prévisible.Erle C.Kenton émaille son propos de thèmes typiques du genre (traités platement): la science, le fantôme, les monstres, le pouvoir (fantasme de la toute-puissance du personnage d'Ygor), le bien et le mal, la réanimation et la peur.The Ghost of Frankenstein est donc un film très moyen, conventionnel, thématiquement faible, désuet (non dénuée d'un certain charme), plastiquement aboutie.Un Frankenstein bien décevant (inutile recyclage à des fins commerciales), on est loin de la poésie, de la grâce et surtout de l'inventivité de La Fiancée de Frankenstein de James Whale, probablement le meilleur long-métrage de l'illustre saga.Dispensable, à voir pour les fans de la créature.(1,6/4).

 
Le Fantôme de Frankenstein - ma note pour ce film :
Réalisé par Erle C. Kenton
Avec Cedric Hardwicke, Lon Chaney Jr., Ralph Bellamy, ...
Année de production : 1942
David Cronenberg et le pouvoir de l'image

 

 

David Cronenberg : le pouvoir de l’image.

     

David Cronenberg, cinéaste canadien, illustre dans le genre fantastique-épouvante, est un véritable auteur traversé par des obsessions thématiques tels que : les mutations corporelles, thème qu’on retrouve dans pratiquement toutes ses œuvres, la science, le double, la fusion entre le sexe et la mort notamment dans le nihiliste Crash, la manipulation de l’image dans les visionnaires Videodrome et EXistenZ. Je vais surtout parler dans cette étude de ses deux films où la frontière entre le réel et le virtuel devient de plus en plus floue, voire parfois inexistante pour les personnages qui ont parfois du mal à faire la différence entre les deux.

 

Dans Videodrome, long-métrage de science-fiction, épouvante datant de 1983, Cronenberg combine et confronte modernité technologique avec des programmes télévisuels repoussant les limites de la violence, du malsain et des cassettes qui deviennent mystérieusement vivantes. Dés 1983, Cronenberg traitait déjà du concept de réalité virtuelle avec le programme ultra-violent Videodrome, où scènes de tortures qui semblent non-simulées s’accumulent. Max Renn, protagoniste principal, directeur d’une chaîne de porno-soft, est complétement obnubilé, fasciné par ce programme pirate. Au point d’être finalement manipulé par la chaîne qui provoque en lui des hallucinations terrifiantes comme le fait qu’un pistolet soit greffé sur son bras ou qu’il possède une fente sur son ventre. Mais ces hallucinations peuvent être aussi attirantes. Ainsi,  il voit apparaître dans l’écran Nikki Brand, la femme qu’il aimait, et lui dire de la rejoindre. C’est à ce moment-là que Max entre littéralement dans l’image, piégé par ses propres fantasmes.

 

Comme à son habitude, le cinéaste canadien introduit son thème fétiche : les métamorphoses corporelles. Le corps de Max devient peu à peu une machine, mi- métallique, mi- organique, avec son arme qui est devenue une partie intégrante de son corps. Le personnage principal est tout au long du film manipulé par la chaîne télévisée et plus particulièrement par les images qui en découlent. En effet, quand il s’insère une casette vidéo dans l’orifice sur son ventre, il devient alors aussitôt programmable comme une machine. Une machine à tuer, en l’occurrence, puisqu’il est chargé par Barry Convex, dirigeant de la multinationale Spectacular Optical et orchestrateur de Videodrome, d’éliminer son ennemie, Bianca O’Bvilion. Le programme l’utilise en montrant ce qu’il désire le plus : de la violence gratuite, malsaine avec des tortures. A cet égard, Nikki Brand, femme-objet, est le parfait réceptacle de tous ses fantasmes sexuels sado-masochistes. Il apparaîtra en plus qu’elle n’était qu’une illusion, image d’une femme morte depuis longtemps.

 

On peut dire pour conclure que cette œuvre à la fois déroutante et envoûtante est une critique cinglante des médias et plus généralement des dérives de la société de consommation. Tout en étant aussi une réflexion sur le pouvoir des images qui sont ici dangereuses et qui servent presque exclusivement à manipuler l’esprit.

    

 

EXistenZ radicalise à l’extrême les thèmes de Cronenberg qui pousse encore plus loin l’opposition entre le réel et la représention, le virtuel. Avec ce film, le réalisateur pose la question suivante : Où commence la manipulation du réel ?

 

Encore une fois, Cronenberg est visionnaire avec cette histoire profondément actuelle où les frontières entre illusion et réalité s’effacent grâce à un nouveau jeu vidéo révolutionnaire qui se branche directement au système nerveux du joueur. D’ailleurs, Videodrome et EXistenZ ont de nombreux points communs : basculement dans des mondes parallèles par le biais de nouvelles technologies, mutations corporelles avec la connexion grâce au POD  dans EXistenZ.

 

Le film déroute par sa construction, ses mises en abyme de monde virtuel et aussi par la confusion entre réel et virtuel, très prégnante dans certaines séquences. Cronenberg critique cette fois-ci les univers virtuels, le cyberpunk en insistant sur la dangerosité de ses univers qui manipulent à volonté les joueurs.

 

Ses deux œuvres sont donc l’un des meilleurs exemples du pouvoir pervers, voire à tendance manipulatrice de l’image dans la filmographie inégale mais toujours intéressante thématiquement de Cronenberg, qui n’hésite pas à sonder les névroses de notre société occidentale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXES

 

 

 

 
David Cronenberg
Né le 15 Mars 1943 à Toronto, Ontario (Canada)
Parution dans Untitled Eastern Promises Sequel, As She Climbed Across the Table, Cosmopolis
Pater
 

Pater (ce film fait partie de la sélection officielle, en compétition, du Festival de Cannes 2011) est une comédie dramatique française réalisé par Alain Cavalier (cinéaste habitué du festival cannois) en 2011.Le scénario est pour le moins inconsistant (pendant un an, Alain Cavalier et Vincent Lindon se sont vus et se sont filmés.Dans Pater, vous les verrez à la fois dans la vie et dans la fiction politique qu'ils ont inventées ensemble...) et est truffé de disgressions (les deux complices passent d'un sujet à un autre, sans souci de cohérence, dans de longs scènes dialoguées inintéressantes au possible), peu évolutif (l'intrigue piétine rapidement, fait du surplace, le réalisateur n'hésitant pas à accumuler des séquences gratuites, inutiles, qui ne font pas avancer la pseudo-histoire), répétitif (Cavalier filme inlassablement ses discussions avec Lindon qui portent sur des sujets passionnants tels que:les boutons de manchettes, les ascenseurs, les cravates...), bancal (Cavalier et Lindon font penser à des débutants, des amateurs qui débutent dans le cinéma, improvisant leur histoire au fur et à mesure, expérimentant pour cacher le vide abyssal de leur projet et par la même occassion se conférer une posture intellectuelle), pas du tout prenant (en effet, les logorhées du réalisateur et de son acteur principal agacent très vite, le spectateur glisse alors peu à peu dans une torpeur sans retour).La construction narrative est éclatée (alliage de scènes de la vie courante et de scènes fictionelles.Cette combinaison est sensée ajouter de l'originalité au film mais elle ne fait que décridibiliser un peu plus la partie fiction, car le cinéaste explique à Lindon dans la séquence d'ouverture son projet de fiction politique).La mise en scène d'Alain Cavalier, d'un niveau médiocre, est statique (statisme presque permanent), dépouillée, anti-conventionnel (audaces formelles totalement injustifiés), plate (platitude proche parfois du téléfilm).Le rythme est très lent, languissant (nombreuses longueurs, séquences qui font figure de remplissages).Les personnages manquent d'épaisseur psychologique (la caractérisation est de plus floue) et sont stéréotypés (les deux protagonistes principaux sont des caricatures des hommes politiques d'aujourd'hui pensant avant tout à leurs carrières).Interprétation moyenne de Vincent Lindon, légèrement terne, au jeu expressif (registre, hélas, limité), qui incarne un premier ministre qui va bientôt accéder à la présidence de la république (l'acteur n'est d'ailleurs pas vraiment crédible en président).Prestation mitigée d'Alain Cavalier, lisse, au jeu sobre, qui joue un président en fin de mandat, qui est prêt à tout pour rester au pouvoir.Les dialogues, abondants, sont mal écrits, d'une platitude sans nom (en plus, le cinéaste s'écoute parler, débitant un flots de paroles incessants), banaux, rarement ciselés, parfois drôles (un des rares points forts du film:Cavalier saupoudre certaines de ses répliques d'un humour grinçant, décalé salutaire).Travail passable au niveau du cadrage (la composition du cadre est le plus souvent bâclée) avec quelques longs, vifs (utilisation gratuite dans certaines scènes de la caméra à l'épaule qui donne des cadrages laids) mouvements de caméra qui manquent de fluidité (travelling latéraux, arrière).L'oeuvre possède aussi une photographie tout à fait quelconque, sans interêt, des décors dépouillés, une atmosphère douce-amère (la gravité l'emporte petit à petit sur la légèreté), un montage aéré (dominance de plans longs avec même quelques plans-séquences fixes) et une fin conventionnel, prévisible.Alain Cavalier émaille son propos de thèmes d'actualités intéressants, dommage qu'ils les exploitent maladroitement, sans profondeur aucune:la politique, la manipulation, le pouvoir, l'amitié, l'argent et la trahison.Pater est donc un très mauvais film, foncièrement creux (le cinéaste n'a aucune réflexion, aucun message précis à délivrer), expérimental, vain, ultra-surestimé (heureusement, il n'a pas été récompensé par un prix au Festival de Cannes), nombriliste.Un navet prétentieux (le long-métrage ressemble d'ailleurs à une caricature du mauvais film d'auteur), indigeste et ennuyeux à éviter.(0/4).

 
Pater - ma note pour ce film :
Réalisé par Alain Cavalier
Avec Vincent Lindon, Alain Cavalier, Bernard Bureau, ...
Année de production : 2011
Scoop

Scoop est une comédie policière romantique (après Meurtre mystérieux à Manhattan, Escrocs mais pas trop et le Sortilège du scorpion de jade, Scoop marque le retour d'Allen dans ce genre) américano-brittanique réalisé par Woody Allen en 2005.Le scénario écrit par Woody Allen, est assez consistant (l'enquête du célèbre journaliste Joe Strombel, consacré au Tueur au Tarot de Londres tourne court quant il meurt de façon soudaine.Mais rien, pas même la mort, ne peut arrêter Joe.A peine arriver au purgatoire, il décide de transmettres ses dernières informations à la plus charmante des étudiantes en journalisme:Sondra Pransky.De passage à Londres, Sondra voit le fantôme de Joe qui s'adresse à elle lors d'un numéro de magie de l'américain Splendini.Folle de joie d'avoir dénichée le scoop du siècle, Sondra se lance avec Splendini dans une enquête échevelée qui les mène tout droit au fringant aristocrate Peter Lyman.Une idylle se noue entre Sondra et Peter, malgré les indices qui semblent désigner le riche homme d'affaire comme le Tueur au Tarot...) et est pour le moins prévisible (la culpabilité de Peter Lyman semble évidente rapidement, et s'impose pour des raisons d'effcacité, de crédibilité narrative), peu évolutif (lors des cinquante premières minutes, l'intrigue policière n'avance que lentement, par petites touches), précis (l'importance des détails, des objets dans l'histoire comme les cartes ou la combinaison de chiffre pour ouvrir une salle, fait penser à Hitchcock), convenu (même si ce long-métrage reste plaisant à regarder tout du long, il manque à cette histoire de l'inventivité et de la richesse thématique, qui font sérieusement défaut ici) et prenant de manière presque constante grâce au ton enjouée omniprésent et au duo Johansson-Allen qui fonctionne plutôt bien.La construction narrative est linéaire (limpidité du récit dans sa progression).La mise en scène de Woody Allen, d'un niveau moyen, est classique, parfois plate (comme dans la plupart de ses dernières réalisations, le cinéaste américain opte pour une mise en scène presque invisible, paresseuse, qui n'innove en rien), élégante, épurée et teintés d'onirisme (cette touche fantastique loufoque ajoute une relative originalité au métrage, avec la bonne idée que la boîte du magicien fait le lien entre le territoire des morts et des vivants, idée hélas abandonnée par la suite).Le rythme est soutenue, vif (pratiquement aucun temps morts durant ses 95 minutes, brusque accélération de l'intrigue vers la fin avec révélation attendue).Les personnages manquent un peu d'épaisseur psychologique (tendance au schématisme), sont biens caractérisés mais stéréotypés (la jeune ingénue, le beau riche qui cache de sombres secrets) voire caricaturaux (notamment le protagoniste joué par Allen, Sid Waterman, le magicien grotesque mais attachant).Interprétation honnête, sans artifices, de Scarlett Johansson (deuxième collaboration avec le réalisateur,après Match Point), naturelle, qui incarne Sondra Pransky, une apprenti journaliste déterminée, naïve car elle se laisse manipuler par Lyman.Bonne prestation de Woody Allen (qui fait son retour devant la caméra.En effet, dans ses deux précédents films, il ne s'était attribué aucun rôle), charismatique, au jeu expressif (l'acteur fait rire pas seulement par ses mimiques, mais parfois par sa seule présence physique qui suscite l'hilarité dans certaines situations), qui joue Sid Waterman, un modeste magicien excentrique, ringard.Les acteurs secondaires s'en sortent correctement, sans plus (Hugh Jackman en aristocrate trouble, Ian McShane, Charles Dance...).Les dialogues (principal point fort du film même si en la matière Allen a fait montre un savoir-faire plus élaboré dans d'autres de ses oeuvres), impeccables, sont spirituels (bons mots, répliques cultes, humour piquant, souvent absurde et utilisation du comique de répétition avec le magicien qui complimente toujours tout le monde, qui essaye de deviner le parcours professionnel des personnes en se trompant à chaque fois), ciselés (par intermittence, car les dialogues des scènes de romances sont plus plats, banals), drôles (jeu sur le comique de situation, les quiproquos).Travail satisfaisant, sans génie au niveau du cadrage (Woody a tendance à négliger trop cet aspect depuis quelque temps) avec de rares courts mouvements de caméras un peu près fluides (travelling latéraux, arrière).L'oeuvre possède aussi une photographie relativement soignée, quoique quelconque, signée par Remi Adefarasin (directeur de la photographie mineur, surtout par rapport à un Gordon Willis, qui a collaboré à plusieurs reprises avec le cinéaste), de beaux décors luxueux (le Londres riche, chic, de la haute société), une atmosphère légère (même le thème de la mort est traité avec légéreté, teinté d'optimisme, puisque les morts peuvent encore intervenir sur les événements réels), une musique agréable, qui alterne classique et jazz, bondissante, trépidente, une touche de suspense dans les dernières minutes, un montage varié qui associe alternativement plans courts et plans longs et une fin heureuse, conventionnelle, moraliste, prévisible.Woody Allen émaille son propos de ses thèmes fétiches (moins biens exploités que d'habitude):la magie, la mort, l'amour, le meurtre, la haute société (satire de la bourgeoisie et de ses faux-semblants), le tueur en série, le journalisme et l'enquête policière.Scoop est donc un film correct, divertissant, lisse (à l'image du personnage de Jackman, le long-métrage manque de complexité), surestimé (par la presse, bien trop dythirambique), fantaisiste, fonciérement optimiste. Après la noirceur du thriller Match Point où Woody Allen se renouvellait enfin, Scoop paraît par comparaison décevant, mineur dans la filmographie du maître new-yorkais.A voir néanmoins par curiosité.(2,4/4).

 
Scoop - ma note pour ce film :
Réalisé par Woody Allen
Avec Scarlett Johansson, Hugh Jackman, Woody Allen, ...
Année de production : 2006
Casino Royale

Casino Royale (21e volet de la célèbre saga James Bond) est un film d'espionnage-action américano-britannique réalisé par Martin Campbell (qui signe ici son deuxième James Bond,après GoldenEye avec Pierce Brosnan) en 2006.Le scénario (adaptation du premier roman de Ian Fleming,publié en 1953,apparaissant ainsi comme un retour aux sources pour la franchise) écrit par Neal Purvis,Robert Wade et Paul Haggis est plutôt consistant (Pour sa première mission en tant qu'agent 00,James Bond affronte le puissant banquier privé du terrorisme international,Le Chiffre.Pour le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit,Bond doit le battre lors d'une partie de poker à haut risque au Casino Royale.La très belle Vesper,attachée au Trésor,l'accompagne afin de veiller à ce que l'agent 007 prenne soin de l'argent du gouvernement brittanique qui lui sert de mise.Alors que Bond et Vesper s'efforcent d'échapper aux tentatives d'assassinat du Chiffre et de ses hommes,d'autres sentiments surgissent entre eux,ce qui les rends encore plus vulnérables...) et est dense,riche en péripéties (multiples scènes d'actions avec longues courses pousuites en voiture ou à pied,explosions),truffé d'invraisemblances (James Bond guérit très vite de ses blessures et réussit toujours facilement à se débarraser d'une dizaine d'adversaires.Autre énorme invraisemblance,la dernière main de la partie de poker est totalement surréaliste en terme de probabilité),peu original (ce n'est pas l'intrigue qui est innovante dans cette opus,puisque elle reprend les mêmes ingrédients que les précedents volets,mais plutôt le traitement de la violence et du protagoniste principal),linéaire (construction narrative limpide avec une progression dramatique classique) et prenant de manière constante (grâce au fait que les répétitions sont adroitement évités et grâce aussi au dynamisme global du ton).La mise en scène de Martin Campbell,d'un très bon niveau,est nerveuse,efficace (les séquences d'actions,d'excellentes factures,sont toutes spectaculaires,notamment la longue poursuite du début,pour le moins impressionnante,impeccable techniquement, même si on peut arguer qu'elle en rajoute dans les péripéties,dans l'épate et celle de la piste d'aéroport),réaliste (la violence est pour une fois dans un James Bond,non-stylisée,brutale,sèche,d'un réalisme saissisant),classique.Le rythme est soutenue,voire parfois effrénée (pratiquement aucun temps mort durant ses 140 minutes d'une grande densité,ruptures de tons fréquentes avec brusques accélérations de l'action).Les personnages manquent d'épaisseur psychologique (à part James Bond qui possède un relief inédit et dans une certaine mesure Vesper,la muse de l'agent 007),sont biens caractérisés,stéréotypés (quoique on peut observer qu'un effort non négligeable à été fait pour rendre plus complexes les protagonistes principaux).Bonne interprétation de Daniel Craig (c'est le sixiéme acteur à endosser le costume du célèbre agent,il s'en sort d'ailleurs avec les honneurs étant plus crédible que Pierce Brosnan pour ce rôle,il incarne en effet mieux l'animalité et la froideur que ce dernier,rivalisant même avec son illustre aîné,Sean Connery.Toutefois,celui-ci n'est pas inégalé.),imposant (de par sa musculature,sa présence),au jeu sobre,mesuré,qui incarne James Bond (redéfinition du personnage,qui est ici plus sombre,athlétique,d'une ambiguïté intéressante,plus proche d'un héros comme Batman),l'agent 007 fougueux et ténébreux.Prestation correcte de la belle Eva Green,qui joue Vesper Lynd,la première James Bond Girl,mystérieuse,ambigue.Les acteurs secondaires s'en sortent honorablement (Mads Mikkelsen qui interpréte Le Chiffre,un méchant au regard glaçant,Judie Dench,Jeffrey Wright,sans oublier la sublime Caterina Murino).Les dialogues,relativement biens écrits,légèrement inégaux,sont parfois plats,incisifs.Travail satisfaisant au niveau du cadrage (angles originaux,variétés pertinentes d'échelles de plans) avec de nombreux longs mouvements de caméras (pas toujours justifiés) lents (sauf lors des séquences d'actions où la caméra à l'épaule est fréquemment utilisée),fluides (travelling verticaux,latéraux,avant).L'oeuvre possède aussi une photographie léchée,signée par Phil Meheux (directeur de la photographie qui a collaboré à plusieurs reprises avec Martin Campbell),d’excellents effets spéciaux (contrairement aux précédents volets qui n’évitaient pas la surenchère des effets,ils sont ici utilisés exclusivement au service de l’histoire) spectaculaires,des décors soignés,luxueux (hôtels,casinos),une musique bien rythmée,en adéquation avec les images,composée par David Arnold,de multiples rebondissements plus ou moins prévisibles (la trahison de Vesper,est par exemple,facile à prévoir,obéissant aux poncifs du genre),un montage vif (le réalisateur néo-zélandais démontre son savoir-faire technique lors des scènes d’actions avec une science du montage indéniable),haché (les plans de plus de cinq secondes sont assez rares),un suspense maîtrisé de bout en bout,une atmosphère sombre,tendue (tension psychologique latente notamment lors de la partie de poker) et une fin déchirante (après une dernière scène d’action impressionnante avec l’ écroulement d’une baraque vénitienne,Bond,après une perte tragique,devient véritablement une figure déshumanisée, une machine à tuer et la toute dernière séquence en témoigne),conventionnel.Martin Campbell émaille son propos de thèmes typiques du genre (biens traités,avec plus de profondeur que dans les autres opus de la saga) :l’agent secret,la trahison,le poker,l’amour,la torture,l’espionnage,le terrorisme et la manipulation.Casino Royale est donc un bon film,intense,désabusé (d’ailleurs le manichéisme est bien plus ténu),un pur divertissement haut de gamme qui renouvelle une franchise qui commençait à s’essoufler.Sûrement le meilleur film de la saga.(3/4).


 
Casino Royale - ma note pour ce film :
Réalisé par Martin Campbell
Avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, ...
Année de production : 2006
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